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RÉCIT D’UN VOYAGE DANS LE DÉSERT


    André et sa bande constituée de 10 personnes sont arrivés à l’aéroport de Marrakech où Hassan leur guide les attend. Un départ immédiat était prévu pour s’éloigner de la ville et s’approcher du désert le plus rapidement possible… Tout était prêt pour attaquer le col de Tichka et ses virages, ceux qui ont le mal des transports doivent monter devant ; mais il ne faut pas dormir...si non le chauffeur dort aussi ! N’est ce pas François ? En approchant la montagne des écrits attirent l’attention : c’est quoi ça Hassan ? C’est pour souhaiter la bienvenue au Roi pendant sa visite au sud Marocain et pour honorer sa grandeur fût la réponse. Notre mini-bus avale les kilomètres. Le coucher du soleil sur la vallée de Draa et ses palmiers était magnifique. Quelques uns dorment déjà, épuisés par un long voyage mais tout ira bien après une bonne nuit à Zagora, cette ville morte pendant la nuit. Cependant quelques courageux ont fait un tour : Zagora « by night ».
Le matin, une bonne journée s’annonce, et l’aventure commence : il faut acheter les cheichs , faire les provisions d’eau. Des 4x4 nous amènent à l’ouest de Zagora suivant la route des caravanes : Zagora … Tombouctou). Les chameaux (dromadaires) nous attendent au pied du col et nos chameliers nous accueillent, la formation de la caravane est rapide, et nous voilà déjà entrain de marcher…. On a traversé le djebel, les hamadas apparaissent à l’horizon et le bivouac du soir est prévu dans l’oasis du puits des chacals : attention à ceux qui dorment à la belle étoile !! Pourtant Ali Baba et sa gazelle l’ont fait… La baraka d’Allah est avec eux !!!

    Le premier thé est servi : avec sucre et sans sucre et on peut même demander un mixte !! Ici dans le désert à la fin de la journée, les chèvres retracent leur chemin vers l’enclos, suivies par le petit berger tout joyeux portant dans ses bras un petit chevreau qui vient de naître ; le père qui revient du marché après trois jours de marche et les femmes accroupies sous la tente en attendant le retour des hommes, et bien tout le monde se retrouve autour d’un thé sucré. Dans le désert la vie est simple -certainement- mais elle a plus de goût mes amis !

    Les jours se suivent et ne se ressemblent pas, on a marché le long de l’oued ; les paysages sont sublimes : les gorges, les garas, les gueltas avec eau limpides -reflétant les rayons du soleil- et où nagent les petits têtards. S’il y a de la vie c’est qu’elle est potable !! Mais par précaution il vaut mieux mettre des pastilles… Cette année le désert a reçu beaucoup de pluie, au loin on voit les dunes un peu avant des champs de colza qui dépasse les dromadaires : un vrai paradis pour les sauterelles qui s’accouplent et les essaims se multiplient sans arrêt. Pour les gens du désert les sauterelles sont nourrissantes à condition de bien les préparer, et scientifiquement elles sont riches en protéines.

    Le cinquième jour de notre randonnée est consacré à la marche dans la zone dunaire. Les traces sont abondantes ce matin, les animaux bougent ici surtout pendant la nuit : scarabée, fennec, vipère à cornes. Le soleil commence à chauffer, l’étape est très longue : les jambes commencent à s’alourdir. Oh que c’est dure de marcher dans le sable ! Ce n’est pas toujours l’image qu’on a sur le désert à travers les films. Le chameau restaurant n’apparaît toujours pas à l’horizon Tout le monde commence à ressentir le manque d’eau, Hassan sort ses jumelles !! C’est inquiétant ? Non, non. ! Mais il paraît qu’ils ont changé la place prévue pour le déjeuner. Et si on ne les trouve pas ? Incha Allah fût la réponse ! Et il est déjà 13 H ! On continue à marcher, puis, miracle : un point noir au loin sur la dune, le guide confirme que c’est Moha le cuisinier qui fait des signes avec son cheich , mais il faut marcher encore une heure !!
A l’ombre du tamaris est installée la table, le thé est servi, même Céline en prend !! Un grand plat de crudités nous est servi, suivi d’un repas chaud et puis des oranges. Après la galère, c’est la récompense. Et oui, c’est une belle image de la vie réelle dans le désert. « Dans le désert la vie est dure, mais avec la patience, les nomades arrivent à y vivre normalement comme vivent les citadins dans leur villes !! ».

    La sieste est courte, mais reposante ; On doit rejoindre le bivouac au pied des dunes, ce soir Badi, Idir et Omar nos chameliers nous feront une démonstration du pain du sable, ici ils l’appellent « la Mella » et chez les Touareg «  la Taguella », l’occasion de discuter autour du feu et observer les étoiles. Ali Baba continue son défi de dormir à la belle étoile.

    L’aventure continue, encore une épreuve ! Une douche est prévue au puit solaire à midi si tout va bien !! Nous marchons dans un reg à perte de vue, le groupe est un peu dispersé et chacun de nous à le temps de méditer.. Et, quand on regarde bien on peut toujours trouver quelque chose dans le désert ? Aujourd’hui on a trouvé un nid de perdrix : trois œufs en pleine nature qui peuvent donner naissance à d’autres perdrix à condition que personne ne marche pas dessus. Le temps commence à changer. Aujourd’hui, le déjeuner est servi sous la grande tente : ce n’est pas un bon signe ! Au loin le vent soulève le sable dans le ciel. La tempête s’annonce, confirment les autochtones en ramassant les affaires. La tente est bien fermée et attachée !! Tout ça n’a pas empêché certains de faire la sieste, alors que la douche reste un rêve à réaliser à l’hôtel à Marrakech. On commence à s’habituer à la vie dans le désert n’est ce pas ?…… On y reviendra.

Hassan OULACADI